Beaucoup d’eau a coulé sous le pont depuis l’avènement, à la tête du pays, de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Que n’a-t-on pas dit sur sa présidence que certains esprits en manque d’informations se plaisent à souiller gratuitement à grand renfort de critiques acerbes ! Fallait-il répondre, à brûle-pourpoint, à la vile provocation distillée sur les réseaux sociaux ou se concentrer au travail, quitte à démentir les allégations fallacieuses par le résultat sur terrain ? Le cabinet du Chef de l’État a, quant à lui, opté pour le silence, attendant sans doute, le moment propice, pour répliquer avec hauteur et pertinence.
En attendant le Grand oral que le Chef de l’État aura sans doute à passer pour défendre le bilan à mi-parcours du Programme d’Urgence des 100 premiers jours devant les professionnels des médias – Dieu seul sait quand -, son Directeur de cabinet vient d’en donner un bref aperçu via une interview accordée, il y a quelques jours, au journal Le Soft international.
Avec la verve qu’on lui connait, Vital Kamerhe, toujours égal à lui-même, a eu des mots justes pour recadrer certains faits de megestion imputés, à tort, à la présidence de la République. Il est un fait indéniable que la première institution du pays fait actuellement face au défi de la gestion de la gouvernance à l’ère numérique. Les performances accomplies par le Président de la République en un temps aussi record, sans Gouvernement, sont oblitérées par le flux des « fake news » qui inondent les réseaux sociaux dans le seul but de noircir son image. « Parmi les documents qui circulent sur les réseaux sociaux estampillés Présidence de la République, nombre d’entre ceux-ci sont faux », a martelé Vital Kamerhe, non pour se dédouaner, mais plus pour aiguiller l’esprit critique de ses compatriotes, souvent sujets à la manipulation. Et d’ajouter que des dispositions ont été prises pour sécuriser les documents du cabinet du Président de la République.
De tout ce qui se raconte autour du cabinet présidentiel, il en a été abondamment question au cours de cette interview-vérité. L’ex Chairman de la chambre basse du Parlement a eu réponses à tout. Accusé de négocier en dessous de table des contrats de gré à gré ou offerts à des amis contre des mirobolantes commissions, l’élu de Bukavu a, d’emblée, fait un distinguo entre les questions d’urgence humanitaire qui ne peuvent passer par la procédure d’appels d’offre, et celles ordinaires censées s’exécuter conformément aux textes réglementaires. Il s’agit, d’une part, de sauver des vies en venant au secours d’une population en détresse, et de l’autre, de se conformer strictement aux procédures légales en application de l’article 42 de la Loi sur les marchés publics (cas des nouveaux marchés). Et de préciser que le cabinet du Président de la République a trouvé des projets dont les marchés étaient déjà passés par le Gouvernement sortant. Ainsi donc, les actions humanitaires posées en faveur des populations de Djugu (Ituri), de Minembwe (Sud Kivu) et de Kabeya Kamwanga (Kasaï) – la liste n’est pas exhaustive -, entrent dans la première catégorie parce que répondant à une urgence, ou mieux, à une nécessité.