C’est aux fins de couper court à ce qui relève de la pure spéculation que le Chef de l‘État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a finalement décidé de la mise en place d'un audit sur l’utilisation des fonds alloués à la construction des sauts-de-mouton. C’est ce qui ressort de la vingtième réunion du Conseil des ministres qu'il a présidé le vendredi 7 février à la Cité de l'Union africaine.
Alors qu’il avait reçu les assurances des ingénieurs-responsables quant au respect de la durée des travaux à la suite de son passage en juillet 2019 sur les différents chantiers, le Chef de l’État ne pouvait qu’être exaspéré par les promesses non tenues de ses interlocuteurs. Il a promis d’effectuer une prochaine descente dans les différents chantiers dès son retour d’Addis-Abeba où il est attendu au trente-troisième sommet de l'Union Africaine. Censés désengorger le trafic sur les embouteillées routes de Kinshasa, les sauts-de mouton tendent de plus en plus à devenir une source de contraction pour les usagers de la route. Le premier site devrait être ouvert au public fin juillet ou au plus tard début août 2019, la durée des travaux étant initialement de trois à quatre mois. A ce jour, on est bien au-delà des délais. Pour l’heure, au nombre des chantiers éparpillés à travers la ville, seul celui de Kinsuka Pompage dont les travaux ont débuté en avril 2019, est arrivé presqu’à terme.
Entretemps, les spéculations vont train quant au niveau d’exécution desdits travaux, mais aussi, sur la gestion des fonds alloués aux entreprises exécutantes. Difficile, à l’heure actuelle, d’émettre une appréciation technique crédible sur le niveau d’avancement des travaux en dehors d’un audit censé retracer le budget mis à leur disposition. L’on comprend aisément que le taux d’exécution avancé – 30% pour les uns et 70% pour les autres -, procède plus de la polémique politicienne que d’une réelle quête de la vérité. Entretemps, d’autres sources allèguent que ces ouvrages n’ont pas été totalement financés, rajoutant de plus bel à la confusion.